Live · 1144
Ads + outreach

Ads + outreach : pourquoi 1144 refuse de choisir un seul canal
Live avec Damien Puisieux (cofondateur, 1144), animé par Lucas Mias (Jova).
Pourquoi on a fait ce live
Les coûts publicitaires montent, l'outreach froid sature, et les équipes qui misent sur un seul canal voient leurs courbes baisser. Damien Puisieux a débuté chez Google à Dublin, puis géré de gros comptes Google Ads en agence, avant de fonder 1144, qui accompagne les startups en paid et en automation. Avec Lucas, il détaille comment il combine ads et outreach, ce que chaque levier apporte, et comment il juge qu'une campagne fonctionne vraiment.
Key takeaways
- Un seul canal ne suffit plus : l'outreach est saturé et les coûts par clic montent, il faut un écosystème où chaque levier a un rôle.
- Chaque levier a sa mission : Google capte l'intention, LinkedIn fait de la notoriété et qualifie, Meta élargit l'audience à bas coût.
- La qualité avant le volume : passer de 15-20 % à 70 % de leads qualifiés a multiplié les signatures par 2 à 3 chez un client.
- Donner de la valeur avant de vendre : livres blancs et webinaires créent le signal d'intention au lieu de l'attendre.
- Le budget fixe le périmètre : pas de Google Ads sous 1 000 € par mois, et 70 % du budget va sur ce qui marche, 30 % sur le test.
Un seul canal ne suffit plus
Damien a vu, compte après compte, les coûts par clic et par acquisition grimper. Chez 1144, les startups early stage ont d'abord été servies par l'outreach LinkedIn, jusqu'à ce que les canaux se saturent. Sa réponse : une approche all-bound, qui pense l'ensemble du spectre au lieu d'opposer inbound et outbound.
- Sur Google, plus de concurrents et moins d'espace publicitaire font monter les coûts.
- L'outreach du type « j'ai ce produit, achète » ne sert plus à rien, les cibles sont saturées de messages.
- Les ads (Meta, LinkedIn) installent la notoriété, l'outreach prend ensuite le relais pour le nurturing.
Le constat
Envoyer à 10 000 contacts en espérant qu'un réagisse, c'est terminé. Il faut être précis sur chaque canal, et que les canaux se parlent entre eux.
Chaque levier a sa mission
Pour une cible B2B, Damien déroule souvent une stratégie en trois axes, puis ajuste en test and learn en permanence. Il n'existe pas de recette universelle : un levier peut très bien marcher chez un client et très mal chez un autre.
- Google Ads : requêtes à forte intention, pour acquérir vite.
- LinkedIn Ads : coût au clic élevé, donc acquisition différée avec webinaires et livres blancs pour récupérer des contacts.
- Meta : coût faible, audience large, c'est l'annonce elle-même qui cible.
- Outreach : nurturing des contacts captés, et acquisition quand la cible est bien segmentée.
La règle
Aucun levier n'est universel. Pour un e-commerçant, Damien a inversé les budgets Google et Meta, car Meta offrait un retour sur investissement très supérieur.
Ce qui marche s'use. Une campagne Performance Max a fait exploser les stats pendant trois à quatre mois, puis s'est effondrée : nouveaux concurrents, visuels fatigués, audience qui s'épuise.
« Il n'y a pas de recette magique en marketing. Ce qui marche très bien chez un client peut très mal marcher chez un autre. »
La qualité des leads avant le volume
Un client mêlait B2B et B2C et dépendait surtout de Google Ads. Le volume de leads était énorme, mais seuls 15 à 20 % étaient qualifiés, et les équipes sales étaient sous l'eau. 1144 n'a pas cherché plus de leads : il a d'abord filtré.
- Mots-clés affinés, nouvelle landing page, funnel revu, B2C écarté.
- Qualification montée à environ 70 % en un à deux mois.
- Budgets augmentés ensuite, avec un volume de leads qualifiés bien supérieur.
- Après un an, Google plafonne (volume de recherche mensuel) : Meta et LinkedIn entrent dans la stratégie.
15-20 % → 70 %
Leads qualifiés
Après affinage des mots-clés, nouvelle landing et nouveau funnel, en un à deux mois.
x2 à x3
Signatures
Obtenues très vite, avant même de chercher plus de leads.
+30 %
Volume de leads
Gagné en ajoutant Meta et LinkedIn quand Google a plafonné.
Le paradoxe
Un coût par lead qui monte peut être une bonne nouvelle. Quand 90 % des appels des commerciaux ne sont pas qualifiés, la vraie perte est cachée dans le temps de l'équipe sales, pas dans le budget média.
Donner de la valeur avant de vendre
Autre cas : une startup SaaS dont l'outreach ne marchait pas. Les messages ont été refaits, mais l'approche restait trop commerciale. 1144 a changé de logique : parler à la cible avant de lui vendre quoi que ce soit, avec des livres blancs, des webinaires et du contenu façon newsletter, relié par un arbre de 30 à 40 campagnes qui tournent en parallèle.
- Chaque action (téléchargement, clic, inscription) déclenche la séquence suivante.
- Le signal d'intention est difficile à détecter : c'est 1144 qui le provoque, au lieu de l'attendre.
- Un no show entre dans une séquence de réchauffage, pas dans une liste d'appels.
- Lead scoring de 0 à 100, avec alerte au-delà de 80 et une fiche des actions du lead.
- Si un lead répond directement, on fonce : même automatisée, une campagne demande un vrai effort commercial.
+20 %
Croissance mensuelle
Chez ce client après la refonte de son outreach.
L'exemple
Au score de 80, on n'appelle pas pour dire « je sais que tu es intéressé ». On appelle parce qu'on a vu telle action, et on demande ce qui a donné envie de la faire.
« Avant de vendre quoi que ce soit, parlez à votre cible à fond. »
Tester sans cramer son budget
Damien n'ouvre jamais complètement les vannes d'un coup. Le budget détermine les leviers possibles, et le retour sur investissement reste son seul KPI, sauf pour une startup qui vient de lever et vise d'abord la notoriété. Les objectifs chiffrés servent de fil rouge, mais sont souvent posés au doigt mouillé.
- Sur Meta, 20 à 30 annonces tournent en boucle : les meilleures migrent dans une campagne dédiée, une autre teste en continu contre la fatigue publicitaire.
- Adapter l'effort à la cible : chez des DG d'usine, 15 % d'acceptation seulement sur LinkedIn, mais très réactifs, donc l'effort bascule vers l'email et l'appel.
- Appeler vite les contacts qui n'ont pas converti pour comprendre pourquoi.
1 000 €
Budget mensuel minimum
Sous ce seuil, pas de Google Ads : l'algorithme n'apprend pas. Mieux vaut 1 000 € sur un mois que 500 € sur deux.
1 500 €
Plancher LinkedIn Ads
En dessous, on reste sur l'outreach.
70 / 30
Répartition du budget
70 % sur ce qui performe, 30 % pour tester de nouveaux angles.
La leçon
Un retargeting qui ne convertit pas révèle souvent un problème en amont : la landing, le prix, une démo manquante. La porte d'entrée est à revoir avant la relance.
« Une fois que t'as misé, ce n'est plus ton argent. La vraie question, c'est le prochain move. »
Replay complet
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