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Remplacer un SDR par un Agent IA

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Jérémy Goillot, CEO et cofondateur d'Allo
Live playbook Sep 2026

Remplacer un SDR par un Agent IA : ce que ça implique vraiment

Live avec Jérémy Goillot (CEO & cofondateur, Allo), animé par Lucas Mias (Jova).

Pourquoi on a fait ce live

Jérémy Goillot a passé près de sept ans chez Spendesk comme premier employé et responsable growth : c'est lui qui a piloté le levier d'acquisition qui a fait passer la boîte de 0 à 50M€ de revenus, via le cold calling et le cold emailing. Depuis, il a cofondé Allo, le produit phare de The Mobile-First Company : des lignes téléphoniques d'entreprise nouvelle génération pour les PME, avec appels retranscrits par l'IA et CRM mis à jour automatiquement. La société compte une vingtaine de collaborateurs, a levé plusieurs dizaines de millions d'euros et frôle les 10M€ de revenus. Autant dire qu'il a vu la prospection évoluer de 2016 aux agents IA d'aujourd'hui.

Key takeaways

  • 90% des « agents » vantés sur LinkedIn sont en réalité de simples workflows : déclencheur + action.
  • Un workflow suffit pour 80% des automatisations ; le skill puis l'agent deviennent utiles quand il faut beaucoup de personnalisation.
  • Sarah, l'AI SDR d'Allo, coûte ~1 000€ par mois et envoie 800 messages par jour, réservée aux leads « low qualified ».
  • Sur le cold outbound pur, l'humain garde un taux de conversion nettement supérieur : l'IA excelle sur les relances et la qualification.
  • Commencez par Claude + Cowork, puis le no-code, puis Claude Code : dans cet ordre, jamais l'inverse.

Le point de départ : arrêter de tout appeler « agent »

Pour Jérémy, il y a une vraie confusion sur ce qu'est un agent aujourd'hui. Il estime que 90% des posts LinkedIn et tweets qui vantent des cas d'usage d'agents décrivent en réalité de simples workflows : un déclencheur, une action exécutée. Rien de nouveau en soi, l'IA a surtout rendu ce type d'automatisation beaucoup plus accessible, là où s'inscrire sur Zapier ou n8n pouvait déjà freiner certains dirigeants.

Le workflow

Déclencheur + action. Une logique simple qui ne casse presque jamais, idéale pour les cas d'usage répétitifs sans grande personnalisation.

Le skill

On demande à son LLM de réaliser une action ponctuelle. Chez Allo, un skill récupère les commentaires d'un post LinkedIn, enrichit l'email et vérifie si la personne est déjà dans le CRM : un prompt et 30 minutes, contre 1h30 de construction sur PhantomBuster avant.

L'agent

Un profil qui tourne 24h/24, avec sa propre adresse email et son propre profil Slack, capable de mener une mission en autonomie et de s'améliorer avec le temps. Jérémy les appelle des « AI employees ».

La règle de choix

Un workflow suffit pour 80% des automatisations simples d'une boîte. C'est quand il faut beaucoup de personnalisation et beaucoup de règles que le skill, puis l'agent, deviennent la meilleure arme.

Sarah, l'AI SDR d'Allo : comment elle fonctionne vraiment

Chez Allo, l'agent « Sarah » a sa propre adresse email et son propre numéro de téléphone. Sa mission : reprendre contact avec les leads « low qualified », ceux qui s'inscrivent sans avoir un profil ou un scoring suffisant pour justifier qu'un humain leur consacre du temps.

~1 000€

par mois pour un agent

soit environ 30€ par jour, avec les modèles les plus chers du marché pour garder la meilleure qualité d'échange.

800

messages par jour

400 emails et 400 SMS envoyés chaque jour par Sarah, réponses comprises.

3+

agents « employés »

chez Allo : Sarah (SDR), un agent compliance/fraude et un Chief of Staff.

Sur 100 personnes qui s'inscrivent sur Allo, 60 activent leur carte bancaire et testent le produit. Sur les 40 qui abandonnent, environ la moitié ne sont pas assez qualifiées. C'est cette moitié que Sarah engage, par SMS et par email, l'appel arrivant ensuite.

Sa fiche de poste ressemble à celle d'un vrai employé : qualifier la personne (a-t-elle déjà un CRM ? va-t-elle inviter plus de trois utilisateurs ? utilise-t-elle une solution concurrente ?), puis rediriger vers un commercial ou disqualifier.

Ce qui la différencie d'un simple workflow, c'est sa capacité à personnaliser : elle croise les données du CRM avec celles de l'outil analytics (PostHog) pour savoir de quel article de blog ou de quelle campagne vient chaque inscrit, et adapte son message. Certaines de ces règles de personnalisation, Jérémy admet qu'il n'y aurait même pas pensé lui-même : c'est l'IA qui les a proposées.

Ce qui se délègue, ce qui reste piloté par l'humain

Au-delà de Sarah, deux autres agents tournent chez Allo : un agent compliance/fraude, probablement le plus mature, qui vérifie les inscriptions, collecte les documents et peut bloquer un compte seul ; et un « Chief of Staff » qui construit chaque lundi une page Notion résumant l'état de la société, consultable par toute l'équipe et interrogeable sur Slack.

  • Pur outbound (cold call sortant) : Jérémy reste sceptique, le taux de conversion à RDV d'un humain reste largement supérieur.
  • L'IA excelle quand c'est la personne qui a besoin d'être rappelée : relance de facture impayée, qualification avant transfert vers le support.
  • Démos et closing : rien ne change. Allo continue de faire une centaine de démos par semaine en face-à-face, parce que ses clients veulent être rassurés par un humain.

Le fil rouge

L'IA gère les comptes, les relances et le suivi, mais elle a besoin d'humains pour convaincre, expliquer et rassurer.

Les 4 pièges à éviter quand on se lance

Sauter les étapes

Mieux vaut maîtriser dans l'ordre Claude, les routines Cowork, le no-code (n8n, Zapier, Make), puis Claude Code, plutôt que de viser l'agent autonome dès le départ.

Mal cibler où l'IA excelle

Remplacer un SDR sur du cold outbound pur n'est pas le meilleur cas d'usage : l'humain reste plus efficace sur le taux de connexion.

Négliger la donnée en amont

Chez Allo, l'IA a révélé qu'un fournisseur vendait 50% de numéros invalides. Le problème venait des données, pas de l'agent.

Oublier de donner du contexte

Un agent, comme un employé, ne sait ni utiliser un CRM ni écrire dans le ton de la marque sans guide. Documentez vos outils et écrivez votre tone of voice.

Par où commencer sans équipe tech

Le conseil de Jérémy tient en trois niveaux à respecter dans l'ordre :

  • Maîtriser Claude et Cowork. Premier réflexe simple et gratuit : connecter sa boîte mail à Claude Cowork avec des règles de tri (archiver, labelliser, supprimer le spam). Jérémy est passé de 1 000 emails non lus le vendredi à 200, avec un agent qui tourne toutes les heures.
  • Passer aux outils no-code pilotés par l'IA (n8n, Zapier, Make) pour les automatisations qui demandent plus de logique.
  • Aller vers Claude Code ou les agents autonomes, une fois qu'on a identifié des skills utilisés plusieurs fois par semaine, au point d'être frustré de ne pas pouvoir les enchaîner.

Côté budget

Deux méthodes de calcul : regarder combien d'outils existants pourraient être remplacés, ou raisonner en pourcentage de la masse salariale (Allo y consacre près de 10%). Repère simple : le coût de deux abonnements Claude Max équivaut au budget IA qu'on peut allouer par employé à ce stade.

Jova x Allo : la combinaison en pratique

Chez Jova, on est client Allo. 30% de nos démos proviennent d'une mécanique outbound qui combine signaux, outreach automatisé sur LinkedIn et email, et warm call.

  • Notre agent Joy détecte des signaux d'intérêt (commentaires, likes sur nos posts ou ceux d'un concurrent, créateurs de contenu, demandes de replay après un live, participation à un webinaire) et qualifie les prospects qui matchent la cible.
  • Une fois qualifiés, ces contacts sont enrichis et engagés via Jova sur LinkedIn ou par email, et certains prospects sont poussés vers Allo pour être appelés.
  • Avec le Power Dialer, on a multiplié par 2 nos volumes d'appels chaque jour, et les notes d'appel sont resynchronisées automatiquement dans Jova sur les fiches prospects.
  • Prochaine étape identifiée avec Jérémy : utiliser le MCP d'Allo pour faire analyser tous les appels de la journée ou de la semaine par l'IA, et repérer les patterns qui fonctionnent (accroches, horaires, profils qui répondent) plutôt que de deviner.

« L'IA ne remplace pas le besoin d'humains, elle en crée un nouveau. Pour qu'un agent qualifie, engage et relance correctement, il faut d'abord des humains qui structurent le contexte, documentent les outils, et restent présents pour convaincre et rassurer là où la confiance se joue encore en face-à-face. »

Conclusion du live avec Jérémy Goillot

Replay complet

Pour aller plus loin

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Playbook original publié sur getjova.com